Pas plus tard qu’hier, je te bordais encore dans ton petit lit en bois. Ton doudou dans les bras, tu dévorais l’histoire du soir.
Un dernier bisou avant la nuit, une petite chanson pour t’accompagner dans le monde des rêves.
Une existence douce qui s’écoulait paisiblement.
Mais un jour, on se réveille, et la page s’est tournée.
Ton doudou ne tient plus qu’à trois fils, toi, tu as pris ton envol.
Les câlins, les goûters, les sorties au parc, les après-midi au cinéma, tous ces moments vécus ensemble sont maintenant derrière nous, ils s’inscrivent déjà dans notre passé.
Les années se sont échappées, les questions et doutes sont toujours là : Ai-je donné le meilleur de moi-même ? As-tu reçu tout mon amour ? Ton enfance était-elle heureuse ?
Les moments que nous partageons sont désormais rares.
Des instants furtifs qui se passent toujours dans une précipitation ;
entre deux trains,
au café d’une gare,
une visite au musée ou une soirée au théâtre…
Les étendues de temps qui semblaient sans fin, se sont envolées.
Il nous reste des bribes, des croisements de vies, des moments saisis à la dérobée sur lesquels plane toujours l’ombre du départ plus ou moins proche, d’une séparation toujours trop longue.
Saisir l’instant présent devient alors une nécessité ;
n’en perdre aucune miette, être dans l’efficacité optimale.
Essayer de garder des élans spontanés, sans limites apparentes.
C’est une contradiction douloureuse qui porte indéniablement le manque à venir déjà en elle.
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