Ce n’est pas une fièvre banale qui se diffuse dans ma poitrine et enflamme mon visage, bien que les sensations soient proches.
C’est une incandescence étouffante, exactement le contraire d’une fièvre amoureuse, même si l’emprise corporelle est aussi intense.
Ce ne sont pas les douleurs dorsales habituelles qui se répandent dans mon bassin, quelques jours par mois.
C’est un tiraillement incessant, une vague virulente qui monte dans mes entrailles et s’immisce presque inaperçu dans tout mon corps.
Les réveils à répétition, les sueurs nocturnes récurrentes hantent mes nuits et les transforment en errances interminables.
Je les observe de près, ces changements corporels qui se manifestent en moi depuis quelque temps.
Mes muqueuses s’assèchent chaque jour un peu plus, le feu intérieur fait évaporer mes liquides vitaux et les pulsions corporelles qu’ils engendrent.
La fatigue extrême sans raison apparente et la morosité mentale qui surgissent de manière fulgurante et toujours inattendue, me foudroient à chaque fois.
Ce corps défaillant, cet esprit nébuleux, sans fougue ni ferveur, ne sont visiblement plus les miens ! Mais je ne peux m’en extirper pour autant, je dois l’endosser en toutes circonstances.
Durant quatre décennies j’ai navigué sur un fleuve d’eaux multiples, un estuaire teinté de rouge et de blanc, rythmé par le cycle des saignements, interrompu seulement par la fécondation, pour devenir un lac nourricier, le temps d’une genèse.
Aujourd’hui, je m’approche de l’autre rive, là où la berge est moins irriguée, le giron infertile.
Je traverse ces eaux troubles à tâtons, sans destination définie.
Je m’éloigne à petits pas, mais inéluctablement, de ma fécondité, de cette source de jouvence emplie de force et de vitalité.
J’emprunte mon chemin intérieur, je vais à la rencontre de l’essence de moi-même, qui est peut-être le cœur de ma féminité.
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