Les arbres d’hiver me parlent autant que la forêt en d’autres saisons. Dépourvus de leurs feuillages, ils dévoilent leur essence pure. Cette nudité fait paraître toutes leurs profondeurs, avec une force déconcertante, une franchise sans ambages. Tels des géants, ils résistent à tout. Leurs racines des griffes qui mordent la terre, leurs branches des bras protecteurs qui embrassent l’univers. Ce dépouillement me réconforte, je m’y sens en sécurité, je me blottis dans son entière sobriété. Ces arbres sont des gardiens du temps, immuable, celui du passé et des années à venir. Que demander de plus que me recueillir là, loin de la fureur du monde, dans une paix ancestrale.

Laisser un commentaire