Les larmes de tristesse sont facilement identifiables, on les reconnait tout de suite. La douleur qui nous submerge est telle, que la rivière inondant nos yeux y est forcément liée, ça va de soi. Pour le bonheur, en revanche, c’est moins évident. Ce qui brûle au fond de la poitrine peut être aussi intense, ou parfois plus fort que le chagrin, mais l’effet que cela produit en nous n’est pas le même. Il y a une sorte de déchirement, une pression insoutenable, comme si le corps s’ouvrait pour se libérer de quelche chose resté enfoui trop longtemps. C’est une douleur libératrice qui nous traverse telle un ouragan. Un feu intérieur cherchant à brûler par tous les moyens, jusqu’au bout. Inutile d’y résister. Il faut, au contraire, l’encourager le plus possible, le raviver de toutes nos forces. Souvent, les cantates de Bach m’emportent immédiatement dans cet état. Une douceur déchirante me propulse hors temps, me fait éffleurer l’insaisissable. Une fois les flammes traversées, le monde s’est vêtu d’un nouvel éclat, d’un apaisement absolu.
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